Inclusible

Comparatif

Overlays d'accessibilité : pourquoi il faut les éviter

Les widgets qui promettent la conformité « en une ligne de code » ne corrigent pas le HTML, gênent les utilisateurs concernés et n'ont aucune valeur dans une déclaration.

La promesse

Un script à coller, un bouton flottant en forme de pictogramme, et la conformité serait acquise. Les overlays d'accessibilité se vendent sur cette promesse, souvent à l'abonnement, souvent à des organismes qui découvrent leur obligation dans l'urgence.

La promesse ne tient pas, pour des raisons techniques précises.

Pourquoi ça ne marche pas

  • l'overlay s'exécute après le chargement : il tente de deviner des corrections sur un HTML qu'il n'a pas conçu ;
  • il ne peut pas inventer une alternative pertinente pour une image, ni un intitulé de lien correct : il produit des approximations, parfois absurdes ;
  • il ne corrige pas un ordre de tabulation incohérent, ni un piège au clavier ;
  • il entre en conflit avec les lecteurs d'écran, qui ont déjà leurs propres réglages : les associations d'utilisateurs en demandent régulièrement la désactivation ;
  • les fonctions offertes — grossir le texte, changer les contrastes — existent déjà, mieux faites, dans le navigateur et le système.

> Ce que voit un contrôle — Un overlay ne modifie pas le code source audité. Le taux de conformité calculé sur le site reste celui du HTML réel : la déclaration ne peut pas s'appuyer sur le widget.

Le risque juridique

Aux États-Unis, des centaines de plaintes ont visé des sites équipés d'un overlay : le widget n'a pas empêché l'action, et son échec a parfois servi de preuve. En France, aucun texte ne reconnaît l'overlay comme moyen de mise en conformité.

Ce qu'il faut faire à la place

Auditer, prioriser, corriger le code — puis déclarer. C'est plus lent et moins spectaculaire, mais c'est la seule démarche qui produit un site réellement utilisable et une déclaration défendable. Le budget d'un abonnement annuel à un overlay finance souvent une bonne partie d'un audit.

---

À lire aussi